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David Ray Griffin, l’auteur de plusieurs ouvrages critiques sur le 11 Septembre, s’exprime sur le silence des médias. Notre interview exclusive.
Propos recueillis par Jacques Secretan, Santa Barbara

Malgré les faits et preuves à disposition, l’essentiel à ce jour n’a pas été dit dans la grande presse. Aux Etats-Unis tout au moins, les verrous ne paraissent pas près de sauter. Dénonçant la désinformation qui n’a cessé de régner dès le lendemain des attentats, David Ray Griffin est devenu l’un des meilleurs connaisseurs du „complot du siècle”. Après avoir, dans un premier temps, fait partie des gens ayant cru le gouvernement du président Bush.
Jusqu’à l’étude de documents et débats sur Internet au début de 2003, peu avant la deuxième Guerre du Golfe. En son fief californien, ce spécialiste des mythes à l’Université de Claremont, professeur émérite reconverti en examinateur d’un énorme mythe contemporain, s’entretient avec EDITO+KLARTEXT.

EDITO+KLARTEXT: Onze ans après les attentats du 11 Septembre 2001, pourquoi les grands médias vous dénigrent-ils?
David Griffin:
La grande presse refuse d’examiner tout ce qui contredit l’histoire officielle. De même que la plupart des médias de gauche. Mes livres et d’autres, incluant des dizaines de pages de notes et de références, ne sont jamais mentionnés. Même s’il s’agit d’une présentation neutre, comme celle des 25 contradictions repérées dans le „Rapport final” de la Commission d’enquête de 2004, dont un exemplaire a été remis personnellement à plus de la moitié des membres de la Chambre des représentants. Un seul nous a adressé des remerciements.

Dans „Le nouveau Pearl Harbor revisité” (traduit en 2011 aux Editions Demi-Lune), vous taxez le récit officiel de „théorie du complot complètement irrationnelle”, faisant fi des lois de la physique. Vous déplorez l’apathie du Congrès et de la grande presse...
Ce livre a reçu l’une des plus hautes récompenses réservées aux nouvelles publications, celle du „livre de la semaine”, en novembre 2008, devançant des centaines d’autres titres. Des journalistes ont dû s’interroger, autour de l’accusation de „conspirationniste”. Mais le livre n’a pas été mentionné. Je rappelle que le 11 Septembre 2001 – et pour la presse écrite jusqu’au lendemain – les médias avaient relayé des dizaines de témoignages, de pompiers notamment, sur les explosions qui ont eu lieu dans les tours. Mais par la suite, plus un seul mot. Le „black-out” total.

Avez-vous essayé de communiquer vos conclusions à des rédacteurs en chef de grands journaux et de grandes chaînes de télévision?
Depuis des années, nous n’avons cessé de le faire: avoir juste quelqu’un qui accepte de s’asseoir et de nous demander quelles preuves nous avons réunies, sur ce qui est tout de même l’événement le plus important de ce début de siècle. En vain. Sauf une journaliste du „Los Angeles Times”, qui a publié mon interview dans le supplément dominical du journal. Une page, avec photos. Une exception.

En dehors des Etats-Unis, la presse vous est-elle davantage accessible?
Oui, il y a quelques pays dans lesquels nous avons encore l’espoir de susciter une vraie investigation, d’obtenir la publication de reportages sérieux. Il y a l’Europe occidentale, l’Asie, le Canada aussi. Mais voir les grands médias traiter le problème aux Etats-Unis, nous n’y croyons plus. Notre constat est que la presse y est très corrompue concernant le 11 Septembre.

De quel type de corruption parlez-vous?
En premier lieu, la corruption s’exprime en ne donnant aucune place aux critiques et explications les plus importantes, en ignorant les organisations constituant le Mouvement pour la Vérité sur le 11 Septembre. Plus de 1500 architectes et ingénieurs ont signé le document qui réclame une enquête impartiale, au risque d’en pâtir, au plan de leur travail et de leur réputation. Des pilotes professionnels, d’anciens officiers supérieurs ont rejoint les „Truthers” (chercheurs de vérité). Et si les grands médias nous interpellent, c’est pour répéter: „Nous savons que vous avez tort. Pourquoi continuez-vous à dire ces âneries? Vous devez avoir perdu la raison.” Les commentaires sont de ce niveau. Cela empêche toute forme de débat.

L’opinion est-elle donc mieux informée en dehors des Etats-Unis?
L’une des nombreuses organisations sur lesquelles nous comptons s’appelle „Politiciens pour la Vérité”. Elle inclut des leaders de premier plan, retraités et en activité, jusqu’en Inde, au Japon, en Malaisie. C’est quelque chose que l’opinion publique américaine ignore totalement, vu que la presse n’en parle jamais. Je ne sais pas à quel point les gens sont mieux informés sur cette question hors des Etats-Unis, mais par exemple le film „Zéro” du député au ­Parlement européen Giulietto Chiesa, qui a eu un grand impact en Italie, a été présenté à la télévision russe. Et là, la presse a été partagée, et non pas alignée sur la position officielle comme aux Etats-Unis.

Jacques Secretan est journaliste indépendant.


EN SUISSE, LE DÉBAT RESTE OUVERT
Membre d’une association romande née en 2008 autour de la revendication d’une enquête sérieuse sur le 11 Septembre, Richard Golay est ingénieur et député vert au Conseil communal de Pully. Il se félicite que la presse suisse fasse parfois place à des articles et interviews reflétant les préoccupations du „Mouvement pour la Vérité”, dont le professeur Griffin est l’un des conférenciers les plus connus.

Intérêt faible. L’an dernier notamment, des articles rendant compte des questionnements sur les attentats de 2001 sont parus dans la presse romande, relève Richard Golay. Il met en exergue „11 Septembre – dix ans de mensonges?” de Patrick Vallélian, dans „L’Hebdo”, mis en ligne sur Internet le 31 août 2011. L’intérêt des médias suisses pour ce qui s’est passé le 11 Septembre n’est cependant pas soutenu au point de voir des journalistes assister aux conférences ou débats que propose son association, en moyenne une ou deux fois par année.

Scandinaves critiques. En mars 2012, Richard Golay ne fut ainsi guère surpris de constater qu’à l’exception du soussigné et d’un confrère venu à titre individuel, la projection au cinéma City-Pully d’un documentaire consacré aux silences de la presse européenne dut avoir lieu devant une assistance clairsemée. Dans son film, l’ancien cameraman de la TV belge Olivier Taymans met en exergue les réticences de rédacteurs en chef qu’il a interviewés, dans son pays et au nord de l’Europe, à revenir sur les „mystères” du 11 Septembre. Ainsi que nous l’a dit David Ray Griffin, la Norvège et le Danemark ont fait preuve d’ouverture ces dernières années, au plan des critiques dirigées contre les rapports et déclarations du gouvernement américain. A la différence de la Suède, où lui-même et d’autres conférenciers n’ont pas trouvé le moindre écho dans les médias locaux. (JS)

© EDITO+KLARTEXT 2012