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Après les attentats du 11 septembre, la presse suisse et internationale est restée le plus souvent „hors du coup”.
Par Jacques Secretan

Le 13 novembre dernier et à nouveau le samedi suivant, la chaîne de télévision Fox News relançait la controverse sur l’écroulement de la Tour no7 du World Trade Center, le 11 septembre 2001 à New York. A la source de ce rebondissement, un spot intitulé „Building what?” (Quel building?), diffusé depuis octobre aux Etats-Unis, montrant le visage de nombreux proches des victimes réclamant une réouverture de l’enquête sur les attentats. En première ligne sur Internet, cette nouvelle étape dans la contestation de la thèse officielle n’a guère interpellé les „grands médias” suisses et européens, dans les dix jours qui ont suivi le „coup médiatique” de Fox News.

Dans la presse romande, la campagne „Building what?” n’a manifestement fait l’objet d’aucune mention, mis à part un article du soussigné publié le 23 novembre dans „Le Courrier”. La veille, une rapide consultation effectuée au desk étranger de l’ATS – EDITO le remercie au passage – n’a pas révélé de réaction des grandes agences, au „coup médiatique” de Fox News. Sur Internet par contre, les émissions du 13 et du 20 novembre de la Fox ont très vite affiché un taux de consultation élevé.
Le spot „Building what?”, montrant une succession de visages réclamant „la vérité” en mémoire de proches tués le 11 septembre 2001, fait valoir que plus de 1200 ingénieurs et architectes contestent notamment que la chute d’un 3e gratte-ciel ait pu être causée par des incendies et l’affaiblissement de ses structures.

Farfelu? Président de l’association romande „Le 11 septembre en question”, Richard Golay a eu tout de même droit à un article de deux tiers de page dans „Le Temps” du 11 septembre 2010, accompagné d’une photo de la tour de 186 mètres en train de s’écrouler. Ingénieur EPFL et spécialiste en résistance des matériaux, il déplore que les nombreuses vidéos et analyses sérieuses accessibles sur Internet puissent être assimilées à des thèses farfelues, souvent antisémites. Il pointe du doigt une émission „Mise au point” de la TSR, diffusée le 7 septembre 2008, où lui-même et d’autres membres de son association font l’objet d’un tel amalgame.
Tout comme les protagonistes du spot „Building what?”, qui insistent depuis des années pour que l’enquête sur les attentats du 11 septembre soit reprise en profondeur, Richard Golay ne cesse de rappeler que les deux co-présidents de ladite commission ont reconnu eux-mêmes n’avoir pas pu conduire une enquête sérieuse. Il attend de la grande presse la réalisation d’enquêtes journalistiques approfondies.
Relevons à ce propos que le 14 septembre 2010 en soirée, l’association présidée par Richard Golay présenta à Lausanne un documentaire de 85 minutes, „National Security Alert”, réalisé par le Californien Craig Ranke.

Documentaire sans public. Son film propose un réexamen de l’attentat du 11 septembre 2001 contre le Pentagone. Il est axé autour de treize témoignages inédits. Or ce soir-là, le jeune documentariste se retrouva devant une grande salle aux trois-quarts vide. En dépit d’une invitation adressée à tous les grands médias de Suisse romande, les journalistes locaux ne se déplacèrent pas.
L’époque où toute conférence digne d’intérêt pouvait être suivie de questions et de critiques, et faisait ensuite l’objet de comptes rendus dans la presse du lendemain ou du surlendemain, est-elle définitivement révolue? La question, bien au-delà d’un cas particulier, mérite sans aucun doute réflexion.

Jacques Secretan
est journaliste indépendant.

© EDITO 2010