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StartseiteArchivEDITO 05/09EDITO 05/09 F

La presse en 2889
„La Journée d’un journaliste américain en 2889” est un livre iconoclaste à plus d’un titre. Le contexte de rédaction, d’abord. Cette nouvelle a été écrite par Michel Verne, fils de son père, publiée au nom de ce dernier.
Toutefois Jules en assumera la paternité et en retouchera certains passages. L’objet, ensuite. Il s’agit d’une bande-dessinée reprenant la nouvelle des Verne, accompagnée d’un dossier fort bien fourni, à la fois drôle, pédagogique et sérieux. Le récit enfin. Il est question d’une journée particulière de la vie de Francis Bennett, grand magnat de la presse.

Pour une fois les Cassandres avaient tort: le journalisme existe toujours au 29e siècle. La profession n’a pas encore disparu dans les limbes de la techno-science et de l’abrutissage des masses. Mais le soulagement fait cependant vite place à l’amertume. Le métier n’a plus rien de très glamour. Alignés en rang d’oignons et s’adonnant à une activité qui ressemble à s’y méprendre à du bâtonnage de dépêches, les reporters du XXIXe siècle ont tout des forçats de l’info du XXIe.

Le génie de Michel Verne est d’avoir imaginé une technologie qui révolutionne la consommation de l’information. Il s’agit du „journalisme téléphonique”. Le „Earth Herald” n’est pas imprimé, il est parlé. C’est dans une rapide conversation avec un reporter, un homme politique ou un savant, que les abonnés apprennent ce qui peut les intéresser. Quant aux acheteurs au numéro, on le sait, pour quelques cents, ils prennent connaissance de l’exemplaire du jour dans d’innombrables cabinets phonographiques. Le journal se finance également grâce à la publicité: Le „Earth Herald” a développé une technique d’inscription publicitaire sur les nuages qui véhiculent aussi les manchette des éditions à venir. Des pistes à creuser pour sortir de la crise? GH

Monsieur Guerse, La journée d’un journaliste américain en 2889 (d’après l’œuvre de Michel Verne), 6 pieds sous terre ed , 2009

Vertiges du scoop
Sous la houlette du grand reporter Call MacCaffrey, les journalistes du „Herald” enquêtent sur la mort de Sonia Baker, l’assistante parlementaire de Stephen Collins, étoile montante du parti travailliste et président de la Commission de l’Energie. Ce qui commence comme une banale histoire de fesses (Stephen et Sonia couchent ensemble, biensûr …) prend rapidement les tours d’une „affaire” aux ramifications qui vont jusqu’aux plus hautes sphères de l’Etat.

Belle démonstration de journalisme d’enquête, la série fera fantasmer plus d’un reporter. Sans jamais tomber dans le cliché, les personnages sont confrontés aux différentes facettes du métier. Vertiges du scoop, du biscuit, de l’exclusif qui va cartonner dans l’édition du lendemain. Angoisses de l’info bidon qui coûte cher en procès et en crédibilité. Stress de la concurrence et des collègues qui creusent les mêmes sujets.

C’est un intéressant coup de projecteur sur la presse britannique que nous propose indirectement cette série produite par la BBC. Les journalistes y sont plus agressifs, n’hésitant pas à payer un bon prix pour l’obtention d’information. La présence d’une importante presse de caniveau et l’intérêt que porte le public à l’égard de la sphère privée voire intime des personnes relèvent également des spécificités des médias anglo-saxons. Une excellente série préférable à l’adaptation hollywoodienne du même nom actuellement sur les écrans. GH

State of play, David Yates, BBC DVD, 2006

© EDITO 2009


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