Comment, au moment où tout s’écroule, assurer le financement des enquêtes? Les conférenciers sont déjà à pied d’oeuvre pour aborder cette thématique cruciale. Par Jean-Philippe Ceppi
La 6ème Conférence mondiale des journalistes d’investigation, qui se tiendra à Genève du 22 au 25 avril 2010, et dont EDITO et Impressum sont partenaires, avance à grands pas. Plus d’une centaine d’idées de panels et d’ateliers ont déjà été couchées sur le papier par le groupe éditorial d’une vingtaine de journalistes romands et alémaniques qui se réunissent régulièrement. Nos confrères tessinois, encore discrets, sont aussi les bienvenus.
Notre premier projet de programme, qui sera publié d’ici la fin octobre sur notre site internet (www.gijc2010.ch) est aussi alimenté par le réseau mondial des journalistes d’investigation: d’Amérique latine, d’Afrique, des Balkans et des Etats-Unis nous parviennent des noms de confrères, des thématiques, des projets. Vous le savez, nous mettrons l’accent sur l’investigation financière, mais aussi l’investigation en sport, à trois mois de la Coupe du monde de foot en Afrique du Sud. Des ateliers totalement inédits, comme „Comment enquêter sur la monarchie” ou „Le burn-out en salle de rédaction” ou encore „Enquêter sur l’industrie pétrolière” sont d’ores et déjà confirmés. Et puis, il y a, à la demande générale, une ligne de force qui s’impose, à laquelle nous consacrerons une bonne dizaine de mini-conférences: ce sont les nouveaux modèles économiques dans l’investigation. Comment, au moment où tout s’écroule, assurer le financement des enquêtes, à l’intérieur des médias, ou en dehors?
D’ores et déjà, plusieurs conférenciers sont à pied d’œuvre pour 2010 pour aborder cette thématique sous tous les angles possibles. Nous inviterons à Genève des médias et publications qui ont prouvé que l’investigation est rentable: „Le Canard enchaîné” en France, „The Economist” et „Private Eye”, en Grande-Bretagne, les Américains de „Propublica”, tous pour l’instant sous réserve. Mais également, en télévision, des producteurs viendront parler en détail des enquêtes de télévision qui marchent. Comment les vendre? A qui? Et comment les financer. Certains ont développé des modèles de collaboration avec de grandes ONG, d’autres ont mis au point une gestion économique rigoureuse de l’enquête qui permet de tenir des budgets plus précis.
Comment rentabiliser son investigation grâce à la publication de livres? Se lancer en indépendant: Comment assurer son revenu, développer son réseau de clients, créer sa propre structure: des gens comme Mark Shapiro, du Center for Investigative Reporting à Berkeley, présenteront leurs modèles à Genève. Et qui sait, certains pourraient un jour inspirer les journalistes suisses.
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