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En 2010, cela fera 45 ans que Gisèle Bottarelli assure
le secrétariat de la section vaudoise d’impressum.
Par Geneviève Praplan

„C’est vite vu! Je n’ai même pas fait le gymnase”, dit-elle en énumérant les étapes de sa vie. Sa vie? Gisèle Bottarelli l’a constamment tournée vers la presse. En 2010, cela fera 45 ans qu’elle assure le secrétariat de la section vaudoise d’impressum, soit 18 présidents, 21 présidences et quatre noms de section différents: Association de la presse vaudoise, Association vaudoise des journalistes, Syndicat lémanique des journalistes (né des fusions des sections vaudoise et genevoise), impressum vaud. C’est Jean-Pierre Nicod, alors rédacteur en chef de „Pour Tous” (magazine de Ringier, disparu en 1969, ndlr) qui lui a demandé, en 1965, d’assurer quelques travaux pour l’APV, devenant ainsi son premier président.
L’association, qui dénombrait alors 166 membres, encaissait les cotisations, les rétrocédait à la Fédération Suisse des Journalistes (devenue impressum), envoyait les timbres des cartes de presse à leurs titulaires. Ce travail, entre autres tâches, a très vite été confié à Gisèle Bottarelli. „J’ai remplacé la liste dactylographiée des journalistes par une cartothèque, avant de constituer, des années plus tard, un fichier informatisé que nous utilisons encore; actuellement, la section compte plus de 600 membres.”
Puis se sont ajoutés la comptabilité, les procès-verbaux des séances… Sous les toits de sa maison, elle a installé d’un côté le bureau „pour les journalistes” et de l’autre, son bureau „privé”. „Mes filles se souviennent que je mettais de côté pour des cadeaux les clopinettes que je gagnais à l’époque. Je leur disais: c’est l’argent de la presse!” Elle ne s’est jamais fatiguée de cet emploi, qui garde une grande place dans son cœur. „Oui, je dis mes journalistes… J’ai du mal à expliquer pourquoi j’aime ce travail. Je me sens bien avec tous ces gens… Ceux du comité ont toujours été aimables, il n’y a jamais eu l’ombre d’un différend avec qui que ce soit.”
Car, quand elle pense à ses journalistes, elle ne comprend toujours pas pourquoi ils s’intéressent si peu à leur section, viennent si peu nombreux aux assemblées, malgré les grandes difficultés que rencontrent ces années-ci les médias.... „Je n’arrive pas à m’y faire”, soupire-t-elle. „Cela me désole d’autant plus que l’assemblée traite de leurs conditions de travail... Ils devraient être plus conséquents.”

La qualité se perd. Quand on lui parle d’évolution de la presse, elle regrette „le sensationnalisme qui s’y fait trop présent. Comme il faut être le premier à sortir une information, on travaille trop vite, il n’y a pas de contrôle. Parfois, j’ai l’impression que les faits ne sont pas rapportés correctement.” Elle regrette aussi la perte de qualité de la langue, de l’orthographe, elle qui est membre de plusieurs associations francophones dont celle de la Défense du français. „Toutes ces fautes m’horripilent… Mais comment les éviter: il n’y a plus de correcteurs dans les rédactions!” Après réflexion, elle choisit deux phrases pour qualifier le journaliste idéal. „Il aime son métier, il est conséquent”, affirme-t-elle.

Geneviève Praplan est journaliste indépendante.


EN SEPT DATES
1935,
naissance de Gisèle Bottarelli. Elle fait une école de secrétariat, travaille un an à Vevey et part en Suisse alémanique.
1953, premier contact avec la presse: elle travaille chez Ringier, à Zofingen, assurant le secrétariat de „L’Illustré”.
1955, retour en Suisse romande, elle travaille pour la rédaction lausannoise du même magazine.
1959, elle cesse son activité professionnelle. Mariée, elle veut avoir des enfants et s’en occuper.
1965, début de son travail pour l’association de la presse vaudoise.
1996, démission. Dans ce qui est alors le Syndicat lémanique des journalistes (SLJ), elle juge qu’il n’y a pas assez de répondant pour les questions administratives qui la préoccupent.
2001, elle reprend son travail pour la section qu’elle n’a

© EDITO 2009


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