Etudiants ou stagiaires, les futurs consœurs et confrères mettent leur bagage théorique à l’épreuve au sein de diverses rédactions de Suisse romande. Quatre d’entre eux affirment leur attachement à une formation basée avant tout sur la pratique. Par Philippe Chopard
Alexandre Willemin, filière master de l’Université de Genève en médias et communication, à mi-parcours de formation après avoir obtenu un bachelor de journalisme à l’Université de Neuchâtel (faculté des lettres), piges à „Radio Jura bernois” et stage temporaire au „Temps”: „La formation genevoise correspond pleinement aux attentes que j’en avais. Son grand avantage est de nous éveiller à la fois à la pratique du journalisme en rédaction et à la recherche dans le domaine des médias. De plus, cela nous sensibilise à l’univers de la communication. Je pense être bien armé pour entrer sur le marché du travail. Je regrette cependant que la formation genevoise ne soit pas reconnue par le CRFJ. J’ai toujours voulu être journaliste. Mes stages actuels me montrent également que les acquis universitaires nous préparent correctement à la réalité du terrain, en rédaction.”
Maud Tornare, étudiante (1re année) à l’Académie de journalisme de l’Université de Neuchâtel, après un bachelor en sciences politiques à Fribourg, pigiste en rubrique locale à „La Liberté”: „J’ai choisi d’étudier le journalisme à Neuchâtel car l’offre de cours me paraissait mieux adaptée à la pratique du métier. Après un an d’études, j’y apprécie la diversité et le nombre des exercices pratiques proposés par l’enseignement. J’ai toujours voulu faire ce métier. Je me réjouis aussi de partir en stage comme ma formation m’y oblige. A Neuchâtel, j’ai parfois constaté qu’il était difficile, pour les journalistes qui se prévalent pourtant d’une expérience pratique confirmée, de passer à l’enseignement. La qualité de leur vécu en rédaction ne peut pas toujours rejaillir efficacement sur leur pédagogie.”
Edwina Dichamp, Le Chauffaud (France), stagiaire pendant deux mois à „L’Impartial”, après plusieurs stages en France, étudiante depuis septembre 2008 à l’Académie de journalisme de l’Université de Neuchâtel: „La densité du programme des cours de Neuchâtel ne m’a pas encore permis d’envisager des collaborations régulières avec des journaux. Cependant, j’apprécie déjà, au sein de la rubrique locale chaux-de-fonnière de „L’Impartial”, pouvoir étancher ma soif de rencontres et de contacts avec les gens. Même si ces derniers sont difficilement atteignables en cette période de vacances estivales. Le côté „touche-à-tout” du métier me motive depuis mon adolescence. Les conseils donnés par les professionnels qui m’encadrent sont précieux. J’apprécie aussi leur grande disponibilité. Je me réjouis également de découvrir le monde de la radio, au cours du prochain stage imposé par l’Académie. Les études nous fournissent beaucoup de théorie, ce qui m’a parfois déçue. Fort heureusement, nous avons pu évoquer nos frustrations avec nos professeurs.”
Nicolas Heiniger, journaliste stagiaire après de nombreuses piges à „L’Impartial” depuis le 1er janvier 2009, titulaire d’une licence en lettres: „J’ai pu revoir en condensé les acquis théoriques de la formation universitaire en journalisme durant mes quatre premières semaines de cours au CRFJ. Cette révision est utile, car elle est organisée par des journalistes qui parlent à de futurs confrères, en se reposant sur des exercices pratiques. L’Université a de la peine à sortir de son discours théorique. J’apprécie l’interaction des cours dispensés au CRFJ, tout comme je suis très motivé dans mon travail quotidien en rédaction. Cependant, j’avoue que mon regard est biaisé par le fait que je travaille comme pigiste depuis le début de mes longues études universitaires. Je reste très motivé, malgré les incertitudes qui pèsent sur mon avenir de futur professionnel des médias.”
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