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Adoptez un journaliste fouineur!

Vous et moi: devrons-nous payer nous-mêmes les reportages qui nous aident à comprendre ce qui arrive à notre société, à notre planète?
„Aux Etats-Unis, 31 000 journalistes on perdu leur job depuis deux ans. J’ai croisé beaucoup de freelance du monde entier, ils n’arrivent bientôt plus à placer une story, à cause des coupes budgétaires dans les médias.”
D’où le défi lancé par le journaliste canadien Stephen Leahy, un des meilleurs fouineurs mondiaux sur l’environnement: financer ses enquêtes par un „community supported journalism”. Le journaliste public propose en ligne un sujet, et des souscripteurs s’annoncent. L’article sera diffusé sur des agences peu argentées mais férues d’info citoyenne: IPS, Reuters-Alertnet, Commondreams, InfoSud, etc.
Leahy a pu ainsi montrer comment les erreurs du GIEC sont exploitées pour démobiliser la lutte contre le changement climatique. Révéler les montagnes asiatiques de e-déchets dangereux (PC, natels, TV) et les effets insoupçonnés du dégel de l’Arctique (émission de méthane). Traquer les saboteurs du Sommet de Copenhague. La biopiraterie, la surpêche marine, la biodiversité en chute libre, la déforestation …
Pas très gai tout ça. Mais Stephen est un gaillard plutôt rassurant: il démonte les rouages de ces dégâts suicidaires et déniche les énergies positives qui y font face. Par exemple, il a fait connaître au monde le projet Solar Impulse de Bertrand Piccard.
„Je suis atterré de voir à que point les médias mettent leur profit avant la vérité. Ils ont débandé … C’est une vraie menace pour la démocratie.” En citant un climatologue de Stanford, Stephen Schneider, notre confrère canadien s’adresse aux citoyens: „Beaucoup de gens me disent – Ah, on a vraiment besoin de gens comme vous pour faire sortir ces infos!”
Le hic, c’est que peu encore sont prêts à en payer le prix. „L’an dernier, malgré les donations, j’ai fini avec 10 000 dollars dans le rouge.” Pourtant, des dizaines d’internautes ont déjà cliqué le bouton Sign me up (embauchez-moi) ou Adopt an Environmental Journalist que Leahy a installé sur son blog http://stephenleahy.net.
Ces bonnes volontés dispersées seront-elles un jour complétées par un Max Havelaar de l’info, permettant à des consommateurs et à des médias de s’engager autour d’un label „Bon pour la planète”? Sans tomber dans le prêchi-prêcha bien sûr.


Daniel Wermus
Directeur
Media21 – Réseau de journalisme global Genève
dwermus@media21geneva.org

© EDITO 2010


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